Mardi 25 août 2026, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Sabrina Roubache, ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Éducation nationale, chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, ont présenté les grandes orientations de l’année scolaire 2026-2027.
Cette conférence de rentrée ne s’est pas construite autour d’une nouvelle « grande réforme », mais autour de quatre priorités affichées par le ministre : instruire, protéger, unir et prévoir.
Pour les parents d’élèves, plusieurs annonces auront des conséquences très concrètes. La FCPE 78 revient sur les principales mesures présentées, mais aussi sur les questions que leur mise en œuvre ne manquera pas de soulever.
Priorité aux apprentissages fondamentaux
Le ministre entend recentrer l’action de l’Éducation nationale sur la maîtrise du langage et le raisonnement scientifique et mathématique.
Les nouveaux programmes doivent notamment renforcer :
- la lecture et la compréhension ;
- l’écriture de textes complets ;
- la maîtrise du vocabulaire, de la grammaire et de la syntaxe ;
- les automatismes en mathématiques ;
- la résolution de problèmes ;
- la capacité à distinguer une information fiable d’une information fausse.
Édouard Geffray établit également un lien direct entre la maîtrise du langage et l’intelligence artificielle : les élèves disposant des compétences langagières les plus solides seront, selon lui, mieux armés pour maîtriser ces outils plutôt que les subir.
Pour les familles, cette ambition devra toutefois se traduire par des conditions d’apprentissage réelles : des classes aux effectifs raisonnables, des enseignants formés et remplacés, des personnels spécialisés disponibles et un accompagnement adapté à chaque élève.
800 « collèges en progrès » particulièrement accompagnés
La rentrée 2026 marque le lancement du dispositif des « collèges en progrès » dans 800 établissements où plus de 40 % des élèves ont obtenu moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques aux épreuves terminales du brevet.
Les équipes disposeront de deux journées banalisées chaque année pendant deux ans afin de travailler collectivement. Le ministre annonce également que leurs demandes de formation, notamment pédagogique, devront être satisfaites.
La FCPE 78 sera attentive à ce que ces établissements bénéficient de moyens humains et pédagogiques supplémentaires et que cette politique ne conduise ni à étiqueter durablement certains collèges ni à faire reposer la responsabilité des difficultés scolaires sur les seuls élèves et personnels.
De nouvelles classes renforcées en mathématiques et en sciences
Plus de 300 classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences, appelées Chams, doivent être déployées à la rentrée.
Destinées aux élèves de quatrième et de troisième, elles proposeront un enseignement scientifique renforcé associant mathématiques, sciences de la vie et de la Terre, physique-chimie et technologie.
Un premier concours général des collèges sera également organisé. Les établissements devront présenter autant de filles que de garçons et des prix seront attribués dans les différents territoires.
Ces dispositifs peuvent permettre de développer l’ambition scolaire, à condition qu’ils soient accessibles à tous les élèves, dans tous les territoires, et qu’ils ne contribuent pas à renforcer la sélection ou les inégalités entre établissements.
Des attentes plus précises pour le brevet et le baccalauréat
Le ministère annonce la publication, avant le 10 septembre, d’éléments de correction plus précis pour le brevet et le baccalauréat.
Ils devront notamment indiquer :
- les attentes concernant la maîtrise de la langue dans chaque discipline ;
- le barème correspondant ;
- les conséquences d’une maîtrise insuffisante de l’expression écrite sur la note finale.
Les chefs d’établissement recevront également les résultats détaillés de leurs élèves afin de comparer les notes de contrôle continu aux résultats obtenus aux épreuves terminales.
Pour les parents comme pour les élèves, la transparence sur les critères d’évaluation est indispensable. Elle doit cependant s’accompagner d’un apprentissage progressif et d’un soutien renforcé, et ne pas se limiter à une augmentation des sanctions dans les barèmes.
Un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles
C’est l’une des principales annonces de la conférence.
À partir du mois de novembre, tous les élèves, de la grande section de maternelle à la terminale, doivent remplir un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles, en même temps que le questionnaire consacré au harcèlement.
Le contenu sera adapté à l’âge des enfants. Les élèves pourront indiquer leur identité lorsqu’ils souhaitent être contactés et parler à un adulte de confiance.
Les infirmiers scolaires, médecins, psychologues de l’Éducation nationale, assistants sociaux et partenaires associatifs pourront être mobilisés pour accueillir leur parole, les orienter et, lorsque cela est nécessaire, procéder à un signalement.
La libération et l’accueil de la parole des enfants sont essentiels. Mais un questionnaire ne peut être efficace que si les adultes chargés d’y répondre sont suffisamment nombreux, correctement formés et réellement disponibles. Les familles devront également recevoir une information précise sur le dispositif, son déroulement, la confidentialité des réponses et les suites susceptibles d’être données.
Ce que précise le guide de rentrée
Le guide ministériel ajoute que tous les directeurs d’école, les professeurs chargés de l’EVARS dans le second degré, les CPE et les personnels de direction devront suivre une formation obligatoire de trois heures avant les vacances de Noël.
Un protocole national doit également encadrer le repérage des violences, l’accueil de la parole, la protection des victimes et les signalements aux autorités compétentes.
Ces précisions figurent dans le guide de rentrée, mais n’ont pas été développées de la même manière pendant la conférence de presse.
300 personnels sociaux et de santé supplémentaires
Le ministre annonce l’arrivée de 300 infirmiers ou infirmières, assistants sociaux et psychologues supplémentaires à la rentrée.
Cette augmentation va dans le bon sens, alors que les besoins liés à la santé mentale, au harcèlement, aux violences et aux difficultés sociales sont considérables.
Elle demeure cependant très limitée à l’échelle nationale. Pour les familles, l’enjeu est simple : chaque enfant doit pouvoir rencontrer rapidement un professionnel lorsqu’il en a besoin. Or, dans de nombreux établissements, les personnels de santé et du secteur social ne sont présents que quelques heures ou quelques jours par semaine.
Le téléphone portable interdit au lycée
Après l’école et le collège, l’utilisation du téléphone portable est désormais interdite au lycée.
Le ministre présente cette mesure comme l’aboutissement d’une « scolarité complète sans téléphone » et estime qu’elle doit permettre de protéger la concentration, le sommeil, la santé mentale et les relations sociales des jeunes.
Les établissements devront préciser les modalités d’application dans leur règlement intérieur. Des exceptions pourront être prévues, notamment :
- pour certains usages pédagogiques autorisés par un enseignant ;
- pour le fonctionnement de la restauration scolaire ;
- pour des motifs de santé ;
- pour permettre à un élève de joindre ses parents dans une situation particulière ;
- pour les étudiants de BTS ou de classes préparatoires accueillis dans les lycées.
Le ministre a précisé que les régions n’auraient pas à équiper en urgence tous les établissements de casiers, d’armoires ou de pochettes. L’interdiction devra principalement être appliquée par le règlement intérieur et, en cas de non-respect, par la confiscation du téléphone.
Pour la FCPE 78, une telle mesure ne pourra fonctionner durablement sans dialogue avec les élèves, les familles et les personnels. Les modalités de confiscation, de conservation et de restitution des appareils devront être claires. Les établissements devront également prévoir des moyens simples permettant aux familles de joindre leur enfant en cas d’urgence.
Ce que précise le guide de rentrée
Le guide indique que les espaces numériques de travail et les logiciels de vie scolaire doivent être paramétrés pour limiter les notifications le soir, entre 20 heures et 7 heures, ainsi que le week-end.
Il rappelle également que les enseignants doivent permettre aux élèves, notamment au collège, de noter leurs devoirs en classe et ne peuvent pas considérer le cahier de textes numérique comme l’unique moyen de transmission du travail à réaliser.
Ces éléments, particulièrement importants pour les familles confrontées aux difficultés d’accès au numérique ou souhaitant limiter les écrans, figurent dans le guide ministériel.
Une nouvelle charte des relations entre les parents et l’École
Le ministre a présenté une charte des relations entre les parents et l’École, destinée à être diffusée dans les écoles et les établissements.
Des vidéos doivent également être proposées au début des réunions de rentrée afin de rappeler :
- le rôle de l’École ;
- les droits et les devoirs de chacun ;
- les principes du dialogue entre les familles et l’institution ;
- les différentes possibilités d’engagement des parents dans la vie scolaire.
La reconnaissance de la place des parents dans la communauté éducative est indispensable. Elle ne doit toutefois pas être réduite à un rappel de leurs obligations. La coéducation suppose une information accessible, un dialogue respectueux, la prise en compte de la parole des familles et une véritable association des représentants de parents aux décisions qui concernent les élèves.
La charte doit donc devenir un outil de dialogue réciproque, et non un document uniquement utilisé pour rappeler les familles à l’ordre.
Le changement d’établissement d’un élève en cas de menace grave de ses parents
Le ministre a également rappelé qu’un décret permettra, dès cette rentrée, de modifier l’affectation d’un élève lorsque ses parents font peser une menace grave sur un personnel ou sur le fonctionnement de l’institution.
L’élève concerné devra bénéficier d’un accompagnement scolaire et social renforcé.
Cette mesure est présentée par le ministère comme une mesure de protection et non comme une sanction contre l’enfant. Elle appelle néanmoins une grande vigilance : un élève ne doit jamais être tenu responsable du comportement d’un adulte ni voir sa scolarité fragilisée pour des faits qu’il n’a pas commis.
Une orientation construite progressivement dès le collège
Le guide ministériel de rentrée apporte des précisions supplémentaires sur le plan Avenir, qui n’ont pas toutes été développées pendant la conférence de presse.
Il prévoit notamment :
- quatre demi-journées par an consacrées à la découverte des métiers et des formations, de la cinquième à la terminale ;
- un programme pluriannuel d’orientation dans chaque collège et lycée ;
- le développement de la plateforme Avenir(s) de l’Onisep ;
- une formation renforcée des professeurs principaux.
L’orientation doit permettre aux jeunes de construire progressivement leur projet. Elle ne doit pas devenir un outil de tri précoce ni enfermer certains élèves dans des parcours déterminés par leur origine sociale, leur territoire ou leur genre.
Les parents doivent être pleinement associés à ce processus et disposer d’une information claire, complète et indépendante.
Des changements pour les lycéens professionnels
À partir de cette année, les élèves de terminale professionnelle passeront de nouveau les épreuves du baccalauréat dans la deuxième moitié du mois de juin, en même temps que les lycéens des voies générale et technologique.
Le guide prévoit également, avant la clôture des vœux sur Parcoursup, deux semaines dédiées à la préparation du projet de chaque élève :
- consolidation des connaissances et préparation à la poursuite d’études ;
- préparation à l’insertion professionnelle avec France Travail et les missions locales ;
- accompagnement méthodologique et développement de l’autonomie.
Sabrina Roubache a par ailleurs annoncé la relance d’un Conseil national de la refondation consacré à l’attractivité de la voie professionnelle. Les parents, élèves, équipes éducatives, acteurs économiques et collectivités doivent pouvoir participer aux concertations locales.
La ministre souhaite également rouvrir certaines places d’internat aujourd’hui inutilisées afin de faciliter l’accès des jeunes aux formations éloignées de leur domicile.
Plus de 7 000 places de formation doivent par ailleurs être transformées à la rentrée, notamment au bénéfice des secteurs industriels et des métiers considérés comme porteurs.
Pour la FCPE, une transformation de la carte des formations ne peut se réduire aux besoins immédiats des entreprises. Elle doit tenir compte des aspirations des jeunes, de la qualité des formations, des possibilités de poursuite d’études, des transports, de l’hébergement et de l’égalité entre les territoires.
École inclusive : des précisions dans le guide
La conférence de presse évoque plus de 500 000 élèves en situation de handicap scolarisés, mais renvoie les principales évolutions à de prochaines annonces.
Le guide de rentrée apporte néanmoins plusieurs informations :
- près de 1 500 pôles d’appui à la scolarité doivent être déployés, couvrant 56 % du territoire ;
- ces pôles pourront être sollicités dès l’apparition d’un besoin, même sans reconnaissance préalable de handicap ;
- le livret de parcours inclusif devient un outil de suivi pour les élèves en situation de handicap ;
- 4 809 dispositifs Ulis sont prévus dans les collèges, soit 138 de plus qu’en 2025 ;
- les AESH pourront intervenir pendant la pause méridienne lorsque les besoins de l’élève le nécessitent.
Ces dispositifs ne pourront cependant produire leurs effets que si les moyens suivent : personnels formés, AESH en nombre suffisant, matériel adapté disponible rapidement, coopération avec le secteur médico-social et information claire des familles.
Une nouvelle méthode pour la carte scolaire
Face à la baisse démographique annoncée, le ministère veut modifier la manière de préparer les ouvertures et fermetures de classes.
Une expérimentation est engagée dans 18 départements afin de construire une vision de la carte scolaire sur cinq à dix ans, en lien avec les collectivités territoriales. La méthode doit être généralisée à tous les départements à partir de janvier 2027.
Le ministre annonce également la création d’une direction de la politique territoriale de l’École et de l’anticipation.
Anticiper les évolutions démographiques est nécessaire. Mais cette nouvelle méthode devra associer les parents d’élèves et les organisations représentatives suffisamment tôt. Les familles ne peuvent plus découvrir une fermeture de classe ou une modification de l’offre scolaire quelques semaines avant la rentrée.
Les examens de 2027 organisés le matin
Afin de limiter les conséquences des fortes chaleurs, la quasi-totalité des épreuves du brevet et du baccalauréat en 2027 doivent avoir lieu le matin.
Le brevet pourra notamment commencer dès 8 heures. Certaines épreuves professionnelles nécessitant une journée complète feront exception.
Le ministère annonce également un renforcement du plan de gestion des vagues de chaleur et la poursuite des équipements d’urgence dans les établissements les plus vulnérables.
Pour la FCPE 78, déplacer les horaires des épreuves constitue une réponse ponctuelle. L’adaptation durable du bâti scolaire reste indispensable : isolation, végétalisation, protections solaires, accès à l’eau, ventilation et rénovation énergétique doivent devenir des priorités nationales et locales.
La commémoration du 11 novembre dans les établissements
Une cérémonie liée au 11 novembre sera désormais organisée chaque année pour les élèves à partir du CM1, dans les écoles, collèges et lycées publics et privés sous contrat.
Elle se déroulera le jour ouvré le plus proche du 11 novembre et devra être brève et solennelle. Un guide doit être mis à la disposition des personnels.
Des annonces nombreuses, dont il faudra suivre la mise en œuvre
Cette conférence de rentrée comporte plusieurs annonces importantes pour les familles : protection contre les violences, santé mentale, téléphone au lycée, orientation, école inclusive, lycée professionnel, carte scolaire et adaptation aux fortes chaleurs.
Mais entre l’annonce nationale et la réalité vécue dans chaque école, collège ou lycée, l’écart peut être important.
La FCPE 78 restera donc attentive :
- aux moyens humains réellement attribués ;
- aux conditions d’information et d’association des familles ;
- à la réduction des inégalités entre les élèves et les territoires ;
- à l’accompagnement des élèves les plus fragiles ;
- à l’accessibilité de l’École pour tous ;
- aux conséquences concrètes des nouvelles règles dans les établissements.
Les représentants de parents d’élèves auront un rôle essentiel pour interroger les modalités locales, faire remonter les difficultés et veiller à ce que l’intérêt des élèves reste au cœur des décisions.
Pour aller plus loin
Conférence de presse de rentrée du 25 août 2026 :
https://drive.google.com/file/d/1JuwFft3JKeNA1nPPy5NK1KKiwE8xlybU/view?usp=drive_link
Guide « Rentrée scolaire 2026 – L’École au cœur » :
https://drive.google.com/file/d/15GiAqpy3s462zscG8r8QA5IkDugfBBl4/view?usp=drivesdk
Charte parents-école :
https://drive.google.com/file/d/1hqT4FXyOlG_owetLm9eRzGmw_9fduVc5/view?usp=drivesdk


