La FCPE des Yvelines publie son manifeste et vingt propositions pour un Parcoursup équitable. Elles partent de situations vécues par des jeunes et des familles, dont vous trouverez les témoignages plus bas dans cet article.
Notre principe
« Que les chances d’accéder à une formation et d’y réussir dépendent le moins possible de la famille dans laquelle on est né. »

Au sommaire : notre manifeste · les 20 mesures · trois garanties · les témoignages
Notre manifeste
Derrière chacune de nos vingt mesures, il y a une réalité vécue par des jeunes et des familles.
Chaque année, des centaines de milliers de jeunes confient une part de leur avenir à une plateforme. Cette égalité des règles est indispensable. Mais elle ne suffit pas lorsque les conditions de départ sont différentes. L’équité exige de reconnaître ces différences et de corriger les obstacles qui empêchent certains jeunes de choisir, d’accéder aux formations et d’y réussir.
Notre principe est simple à énoncer et exigeant à appliquer : que les chances d’accéder à une formation et d’y réussir dépendent le moins possible de la famille dans laquelle on est né. D’où la conviction qui traverse notre campagne : chaque jeune doit pouvoir comprendre les règles, faire reconnaître son parcours, exercer un véritable choix et disposer des moyens de réussir.
Les mêmes règles ne font pas les mêmes chances
Deux jeunes peuvent déposer leur dossier sur la même plateforme, respecter les mêmes délais et être évalués selon les mêmes critères, tout en ayant grandi dans des conditions très différentes. L’un aura eu des enseignants remplacés, un espace calme pour travailler, des cours particuliers et des parents capables de l’aider à choisir. L’autre aura dû travailler dans le bruit, faire face à des cours non assurés, aider ses proches ou chercher seul les informations. Leur appliquer les mêmes règles au moment de l’admission ne suffit pas à leur donner les mêmes chances. Ce n’est la faute ni des jeunes ni de leurs familles : c’est à l’institution de ne pas transformer ces écarts en verdicts.
Lire les résultats avec leurs conditions
C’est pourquoi les résultats scolaires doivent être regardés avec les conditions dans lesquelles ils ont été obtenus. Il ne s’agit pas de baisser les exigences, mais de reconnaître les acquis, la progression et les possibilités d’un jeune sans faire comme si tous avaient bénéficié du même accompagnement. Une méthode nationale transparente doit permettre de tenir compte des cours durablement non assurés, de la santé ou de contraintes lourdes, en protégeant les données et sans faire reposer toute la preuve sur les familles. Cela suppose aussi des mises à niveau et un soutien pour ceux qui en ont besoin, afin qu’une difficulté passagère ne ferme pas durablement une porte.
Un accompagnement gratuit et garanti
Préparer une candidature demande du temps, des repères et souvent de l’aide : certains la trouvent à la maison, d’autres la paient, d’autres n’en ont aucune. Lorsque l’accompagnement dépend des ressources familiales, la procédure récompense ceux qui étaient déjà avantagés. Nous demandons donc un accompagnement gratuit et garanti : des rendez-vous individuels pendant le temps scolaire, et un service équivalent pour les jeunes hors lycée, en réorientation ou en reprise d’études.
Choisir suppose de pouvoir choisir
L’équité se joue également dans la possibilité de choisir. Un jeune qui renonce à une formation parce qu’il ne peut pas payer un logement ailleurs n’a pas la même liberté que celui dont les parents peuvent financer un déménagement. Un jeune qui s’interdit certaines études parce qu’il pense qu’elles ne sont « pas pour lui » ne part pas avec les mêmes possibilités que celui qui connaît les filières et leurs débouchés. Un choix n’est réellement libre que lorsqu’on a les informations, les moyens et la confiance nécessaires pour le faire. Cela exige une information fiable, coût réel et accessibilité compris, des règles de vœux qui ne pénalisent pas les plus contraints, et le temps de décider.
L’équité ne s’arrête pas à l’admission
Cette exigence continue après l’admission. Être accepté dans une formation ne garantit pas qu’on pourra la suivre dans de bonnes conditions. Il faut pouvoir se loger, se nourrir, se déplacer, accéder aux cours et disposer de temps pour étudier. Une proposition d’admission doit donc s’accompagner d’une estimation des coûts et des aides mobilisables, de démarches coordonnées et d’un suivi jusqu’à l’inscription effective. Aucun jeune ne devrait perdre une place parce qu’il n’a pas les moyens de l’occuper.
Le droit d’hésiter, de se tromper et de changer de voie
Un système équitable doit laisser le droit d’hésiter, de se tromper et de changer de voie. On ne devrait pas jouer tout son avenir sur une année scolaire difficile, un examen raté ou un choix fait à 17 ans. Les passerelles et les possibilités de reprise d’études doivent être accessibles à tous, y compris à ceux qui ne peuvent pas financer une année supplémentaire.
Des règles transparentes, contrôlables et évaluées
La confiance suppose enfin la clarté. Les critères de classement, leur pondération et les règles de départage doivent être publiés avant les candidatures et rester stables pendant la campagne ; le rôle des outils automatisés et celui de l’examen humain doivent être expliqués. Chaque critère doit être pertinent, justifié et contrôlable : la réputation d’un lycée ne peut pas servir de raccourci pour juger une personne. Chaque candidat doit pouvoir vérifier son dossier, comprendre les décisions qui le concernent et disposer d’un recours utile et rapide. Pour le départage, nous ne prétendons pas détenir de formule : les options doivent être instruites publiquement et leurs effets mesurés.
La question à poser à un système d’admission est donc : permet-il à chaque jeune de construire son avenir, ou transforme-t-il les avantages et les difficultés de sa famille en portes ouvertes ou fermées ?
Une réforme qui exige des moyens
Nos vingt mesures ne promettent ni un système parfait, ni une admission garantie dans chaque formation demandée. Mais une réforme de la plateforme ne suffit pas. Sans places supplémentaires là où elles sont nécessaires, sans personnels, sans formations publiques de qualité sur tout le territoire, sans bourses, logements, transports et accessibilité, une meilleure procédure continuera à répartir une pénurie.
Ces vingt engagements devront devenir des règles concrètes, dotées de responsables, de moyens, de délais et d’indicateurs publics. Les mécanismes de classement et d’attribution devront être testés et évalués de façon indépendante, non sur une satisfaction moyenne, mais pour vérifier qu’ils réduisent réellement les inégalités et repérer les jeunes qui restent pénalisés. Ils devront être conçus avec celles et ceux qui les vivent : les jeunes, les familles, les professionnels de l’orientation et les personnes ayant des besoins particuliers.
Réformer Parcoursup doit aller de pair avec les moyens d’étudier et de réussir. C’est à cette condition que chaque parcours comptera.
Les 20 mesures
Nos vingt mesures sont des propositions à défendre. Certaines créent un dispositif, d’autres renforcent, simplifient ou rendent effectif ce qui existe déjà. Elles sont organisées en quatre ensembles.
01 à 05 — Candidater sans obstacle

- 01 — Simplifier la candidature. Savoir à tout moment où l’on en est et ce que chaque clic engage. Un tableau de bord unique indique ce qui est fait, ce qui reste à faire, les échéances et les conséquences de chaque action, en langage simple.
- 02 — Garantir un droit à la correction. Une erreur de manipulation ne doit pas coûter un avenir. Des alertes explicites, une confirmation avant toute renonciation et une procédure rapide pour corriger une erreur, quand les droits des autres candidats le permettent.
- 03 — Accompagner gratuitement chaque candidat. Un bon accompagnement ne doit pas dépendre des moyens de sa famille. Des rendez-vous individuels garantis pendant le temps scolaire, de la recherche des formations jusqu’aux réponses d’admission, et un service équivalent hors lycée.
- 04 — Rendre la plateforme accessible à tous. Une démarche obligatoire doit être utilisable par tous. Une accessibilité numérique réelle, des consignes compréhensibles, des tests avec des utilisateurs aux besoins variés et une aide humaine gratuite capable de débloquer une situation.
- 05 — Garantir une information fiable sur les formations. Savoir vraiment ce qu’on choisit avant de s’engager. Des fiches complètes, comparables et vérifiées : statut, reconnaissance du diplôme, frais sur toute la durée, contenu, débouchés et résultats, avec leurs sources et dates.
06 à 10 — Choisir et être évalué justement

- 06 — Permettre un véritable choix de vœux. Les règles de vœux ne doivent pas réduire encore les choix de ceux qui en ont moins. Réexaminer les plafonds de vœux et de sous-vœux, rendre leur décompte compréhensible et prévoir des adaptations justifiées en cas de contraintes de soins, de proximité ou d’accessibilité.
- 07 — Publier les règles de classement. Connaître ce qui compte vraiment avant de candidater. Publier avant les candidatures les critères, leur pondération et les méthodes de classement, expliquer le rôle des outils automatisés et de l’examen humain, et ne plus changer les règles en cours de campagne.
- 08 — Encadrer les critères de sélection. On évalue une personne, pas la réputation de son lycée. Un cadre national exige que chaque critère soit pertinent, justifié et contrôlable. La réputation d’un lycée ou des indicateurs sociaux indirects ne doivent pas servir de raccourci.
- 09 — Reconnaître les conditions de scolarité. Des résultats se lisent avec les conditions dans lesquelles ils ont été obtenus. Une méthode nationale transparente pour tenir compte des cours durablement non assurés, de la santé, des besoins particuliers ou de lourdes contraintes personnelles, en protégeant les données sensibles.
- 10 — Réduire le poids de l’aide extérieure. Un dossier doit refléter le candidat, pas l’aide qu’il a pu s’offrir. Limiter les textes et pièces demandés à l’utile, encadrer leur usage pour ne pas récompenser l’aide des proches, des prestataires ou des outils de rédaction, et garantir une préparation gratuite aux épreuves et entretiens.
11 à 15 — Des décisions claires et contestables

- 11 — Rendre le départage équitable et explicite. À dossiers comparables, une règle connue de tous. Des règles de priorité et de départage publiques, qui expliquent comment s’articulent acquis, conditions de scolarité et objectifs de mixité, et dont les effets sont évalués.
- 12 — Vérifier le dossier avant son évaluation. Voir son dossier tel qu’il sera lu, et pouvoir le corriger à temps. Accès aux informations utilisées pour l’évaluation, signalement des éléments manquants et correction dans un délai utile, avec une trace des modifications et un interlocuteur identifié.
- 13 — Expliquer chaque décision. Une décision qui engage un avenir mérite une explication. Une explication individuelle et intelligible des principaux éléments qui ont déterminé un refus ou un classement, au-delà d’une formule générale, sans divulguer les données des autres candidats.
- 14 — Garantir un recours utile et rapide. Un recours qui arrive trop tard ne répare rien. Une démarche gratuite et simple, un interlocuteur identifié, des délais compatibles avec la campagne et, si nécessaire, un réexamen indépendant de la décision initiale.
- 15 — Rendre l’attente compréhensible. Un rang n’est pas une promesse : il faut des repères pour le lire. Distinguer classement et position en liste d’attente, expliquer les mouvements et fournir des repères historiques contextualisés, sans présenter une estimation comme une promesse d’admission.
16 à 20 — Les moyens d’étudier et de réussir

- 16 — Donner le temps de choisir et d’anticiper. Décider de son avenir ne devrait pas se faire dans l’urgence. Revoir le calendrier et l’enchaînement des propositions pour réduire l’attente évitable, donner de la visibilité plus tôt et garantir un délai raisonnable de réflexion, testé sur tous les profils.
- 17 — Garantir un choix réellement accessible. Choisir sa formation, pas seulement les bâtiments où l’on peut entrer. Des informations précises et vérifiées sur l’accessibilité des locaux réellement utilisés, et, avec l’accord du candidat, la préparation anticipée du transport, de l’aide humaine et des aménagements.
- 18 — Donner les moyens d’accepter sa place. Une place ne compte que si l’on a les moyens de l’occuper. Relier admission et conditions matérielles : estimation personnalisée des coûts et des aides, démarches de logement, de bourse et de transport coordonnées, solutions pour les admissions tardives.
- 19 — Accompagner jusqu’à l’inscription effective. Accepter une place ne suffit pas : il faut aller jusqu’à l’inscription. Un suivi continu après l’acceptation : démarches restantes, échéances et état d’avancement affichés, et une aide déclenchée dès qu’une inscription risque d’échouer.
- 20 — Garantir des places et de nouvelles chances. Une première difficulté ne doit pas devenir une impasse durable. Des places publiques de qualité là où les besoins sont établis, avec les personnels et moyens nécessaires, et des mises à niveau, passerelles, réorientations et reprises d’études financièrement accessibles.
Trois garanties communes
- Des responsables, des moyens et des délais identifiés. Chaque mesure devient une règle concrète, avec un responsable désigné, un budget, un calendrier de mise en œuvre et des indicateurs publics de suivi.
- Une évaluation indépendante et publique. Les effets sont mesurés par une instance indépendante et publiés, profil par profil de candidats (origine sociale, territoire, type de lycée, handicap, voie de formation…). Il ne s’agit pas de mesurer une satisfaction moyenne, mais de repérer les groupes qui restent pénalisés et de corriger en conséquence.
- Une conception partagée. Les outils et les règles sont conçus et testés avec les jeunes, les familles, les professionnels de l’orientation et les personnes ayant des besoins particuliers, avant toute généralisation.
Une condition indispensable
Réformer Parcoursup ne suffit pas : il faut aussi des places, des personnels, des formations publiques de qualité sur tout le territoire, des bourses, des logements, des transports et une accessibilité effective. Sans ces moyens, une meilleure procédure continuera à répartir une pénurie.
20 réalités vécues : leurs témoignages
Ces récits nous ont été confiés par des jeunes et des parents. Ils sont publiés avec leur accord. Faites défiler pour les découvrir.
« J’avais enregistré mes vœux et je pensais avoir terminé. Mais entre « dossier complet » et « candidature confirmée », je ne comprenais plus ce qu’il restait à faire. À la maison, personne ne connaissait Parcoursup. Heureusement, une amie m’a prévenue à temps. J’aurais voulu un écran simple qui me dise clairement : voilà ce qui est fait, voilà ce qu’il te reste à faire, et avant quelle date. »
Inès
« J’ai renoncé à un vœu en pensant que cela concernait seulement la proposition reçue. Quand j’ai compris mon erreur, j’ai cherché comment revenir en arrière : impossible depuis mon dossier. J’avais cliqué en quelques secondes et je perdais une formation qui m’intéressait vraiment. Un message clair avant de valider et la possibilité de signaler aussitôt mon erreur auraient tout changé. »
Yanis
« J’ai préparé mon dossier seule, le soir après les cours. Mes parents voulaient m’aider, mais ils étaient aussi perdus que moi. Dans ma classe, certains avaient payé un accompagnement pour choisir leurs formations et relire leurs lettres. Moi, j’avançais sans savoir si je faisais les bons choix. J’aurais eu besoin de rendez-vous gratuits au lycée, avec quelqu’un qui me suive jusqu’aux réponses. »
Camille
« Je suis malvoyante et j’utilise un lecteur d’écran. Pour mon dossier, j’ai dû demander à ma sœur de vérifier des informations que je n’arrivais pas à consulter seule. C’étaient mes choix, mon avenir, mais je dépendais de sa disponibilité pour avancer. Je voudrais pouvoir faire mes démarches moi-même et, quand un problème bloque, joindre une personne qui puisse vraiment m’aider. »
Sarah
« Avec ma fille, nous avions comparé les formations et prévu le budget. Puis nous avons découvert des frais obligatoires qui s’ajoutaient au tarif annoncé. Même en nous organisant, nous ne pouvions plus suivre. Elle a dû renoncer à une formation qui lui plaisait. Pour choisir, les familles ont besoin de connaître le coût total dès le départ, pas de découvrir les dépenses une fois le projet construit. »
Rachid
« Ma fille suit des soins réguliers près de chez nous. Partir étudier loin n’était donc pas possible. Nous avons cherché les formations compatibles avec ses trajets et ses rendez-vous : la liste s’est vite réduite. Elle avait des envies, des projets, mais beaucoup moins de possibilités de candidature que ses camarades. J’aimerais que les règles tiennent compte de ces contraintes, qu’elle n’a pas choisies. »
Sandrine
« Avec mon père, on avait lu les critères : les notes, la motivation, les appréciations… Mais impossible de savoir ce qui comptait le plus. J’ai passé des soirées sur ma lettre sans savoir quelle place elle aurait dans mon classement. Est-ce qu’une personne allait vraiment la lire ? J’aurais voulu connaître les règles précises avant de candidater, pour comprendre comment mon dossier serait évalué. »
Aïcha
« Mon fils était fier de ses résultats. Puis il a commencé à demander si son lycée allait le pénaliser : « Si j’avais les mêmes notes ailleurs, est-ce que j’aurais plus de chances ? » Je ne savais pas quoi lui répondre. Ce doute lui a fait perdre confiance. Je veux qu’on regarde ce qu’il sait faire et ce qu’il a appris, avec des critères justifiés, sans le juger sur la réputation de son établissement. »
Maï-Linh
« En première, j’ai été hospitalisé plusieurs semaines. J’ai rattrapé les cours en poursuivant mes soins. En terminale, alors que je reprenais confiance, notre prof de maths n’a pas été remplacé pendant des mois. J’ai fait ce que j’ai pu, mais mes notes en ont souffert. Sur Parcoursup, j’aimerais qu’on voie mes efforts et mes progrès, pas seulement des moyennes qui ne racontent pas dans quelles conditions j’ai appris. »
Jules
« J’ai écrit ma lettre avec mes mots. Puis j’ai vu celles de mes camarades : certaines avaient été refaites par leurs parents ou un coach. J’ai commencé à trouver la mienne nulle, alors que je savais pourquoi je voulais cette formation. Pour l’entretien aussi, d’autres avaient pu s’entraîner avec un professionnel. J’aimerais qu’on évalue mon projet, pas l’aide que ma famille peut me payer. »
Aminata
« Mon fils et son ami avaient des résultats proches et demandaient la même formation. L’un a été admis, l’autre est resté loin sur la liste d’attente. Mon fils me demandait : « Qu’est-ce qui a fait la différence ? » Je ne savais pas lui répondre. Des moyennes proches ne disent pas tout, mais les règles devraient être claires : quand deux dossiers se valent, comment décide-t-on entre eux ? »
Boubacar
« J’ai découvert trop tard qu’une note erronée figurait dans mon dossier. J’ai contacté le lycée, mais les formations avaient déjà examiné ma candidature. Depuis, je me demande si cette erreur a pesé sur mes réponses. J’avais relu mes lettres, vérifié mes vœux, sans voir tout ce qui serait transmis. Je voudrais pouvoir vérifier l’ensemble de mon dossier et faire corriger une erreur avant qu’on me classe. »
Sacha
« Quand ma fille a reçu un refus, elle m’a dit : « Ça veut dire que je n’ai pas le niveau ? » Nous avons demandé une explication, mais la réponse reprenait les critères généraux, sans nous dire ce qui avait pesé dans son dossier. Je ne demandais pas les notes des autres ni une place à tout prix. Je voulais pouvoir l’aider à comprendre cette décision, pour qu’elle ne la vive pas comme un jugement sur sa valeur. »
Thuy
« J’ai contesté un refus parce qu’un élément de mon dossier n’avait pas été pris en compte. Avec ma mère, nous avons cherché à qui écrire, puis relancé plusieurs fois. Pendant ce temps, les délais pour répondre aux autres propositions continuaient de courir. Quand la réponse est arrivée, j’avais déjà dû choisir ailleurs. Un recours devrait permettre de réexaminer la situation à temps pour changer quelque chose. »
Baptiste
« Chaque matin, mon fils regardait sa place sur la liste d’attente. Il avançait de quelques rangs et me demandait : « Tu crois que ça va passer ? » Entre son classement, sa position et le rang du dernier admis l’année précédente, nous ne savions plus quoi comprendre. Je ne voulais ni lui donner de faux espoirs ni le décourager. Nous avions besoin de repères expliqués, pour savoir ce que ces chiffres disaient vraiment. »
Elodie
« J’ai reçu une proposition loin de chez moi alors que j’attendais encore une réponse pour ma formation préférée. Il fallait décider vite, sans savoir combien coûterait le logement ni si je trouverais une chambre. Avec mes parents, on faisait des calculs le soir, entre deux recherches. Quand mon choix s’est enfin précisé, beaucoup de logements étaient déjà pris. Choisir ses études, ça demande du temps pour réfléchir et préparer la suite. »
Malo
« Mon fils utilise un fauteuil roulant électrique. Faute d’informations sur l’accessibilité, nous avons visité six lycées : trois ne pouvaient pas l’accueillir. Ses choix ont été réduits de moitié, sans prise en compte de cette inégalité. Après des semaines de stress, une place mi-juillet, puis la course aux aménagements, encore en cours en septembre. Pour nos enfants, une rentrée se prépare bien avant juillet. »
Nicolas
« Quand ma fille a été admise, nous avons fêté la nouvelle. Puis nous avons fait les comptes : caution, premier loyer, train, matériel… Les aides attendues ne permettaient pas d’avancer toutes ces dépenses. Je travaille, mais je n’avais pas cette somme de côté. Elle a fini par renoncer, en me disant que ce n’était pas grave. Être admise devrait ouvrir une porte, pas nous laisser devant sans les moyens d’entrer. »
Fatou
« J’avais accepté ma proposition sur Parcoursup. Pour moi, c’était bon : j’avais ma place. J’ai découvert ensuite qu’il fallait encore m’inscrire sur le site de l’établissement et transmettre des pièces avant une autre date. J’ai failli laisser passer le délai. Après des mois à surveiller mon dossier, je croyais pouvoir souffler. J’aurais eu besoin d’un suivi clair jusqu’au bout, avec les démarches restantes et quelqu’un à contacter. »
Noémie
« Mon fils a accepté une formation par défaut, faute de place dans celle qu’il voulait. Au bout de quelques mois, il a compris qu’il ne s’y retrouvait pas. Pour changer, il fallait recommencer les démarches, sans certitude de place ni de maintien de ses aides. Il me disait : « J’ai raté ma chance. » À dix-huit ans, rien ne devrait être joué. Il lui fallait une passerelle et un accompagnement pour repartir. »
Laurent
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Pour un Parcoursup équitable, chaque parcours doit compter.
