Le site de La FCPE 78

FCPE 78
29, avenue Duguay Trouin,
78960 Voisins-le-Bretonneux.
Tél : 01 30 54 92 41

Fédération des Conseils de Parents d'Elèves
des Ecoles Publiques des Yvelines

Accueil | Recherche | Contact | Adhésion | Lettre d'infos |

Le remplacement des enseignants.

Vous le savez, c’est la FCPE qui porte seule depuis de nombreuses années la revendication du remplacement des enseignants absents dès la première heure, par des enseignants formés. Depuis le début de cette revendication, nous avons eu autant de déclarations et de réponses aussi insensées, voire dangereuses, les unes que les autres. Après l’affirmation par certains qu’il n’est pas nécessaire d’assurer un remplacement, ou même les déclaration du précédent ministre de l’Education nationale précédent qui assimilait le remplacement au SMA avec une agence de remplacement, notre combat commence à porter ses fruits et les annonces du ministre en la matière prennent acte de l’idée de la FCPE selon laquelle un remplacement est indispensable.

Il a fallu batailler pour que cette simple nécessité soit enfin reconnue. C’est par l’action de la FCPE toute entière qu’elle a été rendue possible. En effet, c’est par la création de Ouyapacours et son traitement médiatique qui ont permis de convaincre l’opinion publique mais également et surtout, l’action des CDPE et des conseils locaux sur tout le territoire, qui n’ont eu de cesse de « mettre sous pression » les autorités académiques et le ministère pour obtenir des remplacements. Notre action a permis qu’une mission d’expertise soit mise en place au niveau ministériel et qu’enfin le sujet soit pris avec le sérieux qu’il mérite.

Cette première victoire, c’est la nôtre, et il est nécessaire de le faire savoir mais il faut aussi également que chacun s’implique pour que, localement, des mesures concrètes soient prises comme s’y est engagé le ministre dans sa réponse.

Dans notre lettre ouverte, nous avions exigé la mise en place d’un plan d’action national et local pour que les remplacements puissent être effectifs. La lettre du ministre et ses annonces dans la presse nous répondent partiellement.

De plus, à chaque fois que nous popularisons notre revendication et que celle-ci prend de l’ampleur dans l’opinion et les médias, le ministre se voit obligé d’avancer un peu plus dans le détail. Il y a quelques jours, sur un plateau de télévision, il indiquait qu’au-delà d’avoir la responsabilité du remplacement, son ministère avait un devoir de résultat dès le premier jour. A nous de le prendre aux mots, de lui rappeler ses engagements si besoin, et préciser chaque fois que nécessaire qu’il s’agit de remplacer des enseignants absents par des enseignants formés.

Ce qui est à retenir est que le ministère ne nie plus le problème des remplacements et qu’il avance des pistes intéressantes pour nous :

il considère qu’il est de sa responsabilité d’assurer les remplacements,

il est nécessaire de supprimer le délai de carence de quinze jours,

il est nécessaire d’étoffer le vivier de remplacement.

Toutefois, un certain nombre de ses annonces nous laissent perplexes. Si des étudiants interviennent déjà dans les établissements pour assurer des remplacements, son annonce en la matière n’a rien de nouveau. Cependant, à la rentrée prochaine, au regard de la masterisation et de la réforme de la formation des enseignants, la FCPE devra s’opposer partout à ce que les remplacements soient assurés par des étudiants qui ne seront pas formés !

De plus, le Ministre a lui même tenu à préciser dans une récente interview que le recrutement de contractuels ne doit pas aller au-delà de cas exceptionnels et du cas des remplacements en lycée pro où ce sont des professionnels qui interviennent et qui n’ont pas vocation à être fonctionnaires.

Par ailleurs, si l’on peut légitimement considérer qu’un enseignant qui vient de partir à la retraite est un personnel compétent et formé, il nous semble parfaitement incohérent de ne plus remplacer un enseignant sur deux partant en retraite pour ensuite avoir recours à eux pour assurer des remplacements ! De plus, les académies ont déjà elles-mêmes du mal à gérer efficacement leur vivier de remplaçants, il nous semble difficile qu’elles aient en plus à gérer un vivier de retraités qui risque fort de ne pas être bien important ni stable dans la durée. Cette disposition nous apparaît complètement inutile. Nous devons remporter la bataille de la qualité du remplacement.

Après cette première victoire, nous devons maintenant exiger la concrétisation des annonces. Pour cela, nous devons obtenir partout la transparence, c’est-à-dire une évaluation de la situation dans toutes les académies, dans le 1er degré, une évaluation circonscription par circonscription, dans le second degré par discipline et par bassin géographique. Il faut évaluer les réalités pour évaluer les besoins et revendiquer les créations de postes nécessaires.

Pour cela, il faut sans délai interpeller les IA et les recteurs pour :

- obtenir cette évaluation

- obtenir la création du service de remplacement dans toutes les académies (obtenir les délais de création et le système de gestion)

- demander à chaque chef d’établissement qui sera le « référent remplacements » dans l’établissement à compter de la rentrée prochaine.

Il faut continuer à faire pression sur l’administration quitte à utiliser le courrier de réponse du ministre pour justifier notre action. Rappelons nous que la rentrée se prépare aujourd’hui et qu’il ne s’agit pas de communication mais d’enseignements et d’organisation et que le décréter ne suffira pas.

Par ailleurs, dans les CDPE comme à la fédération, nous ne sommes pas dupes de la situation et savons qu’en l’état actuel des moyens accordés au remplacement des enseignants, il demeurera encore des difficultés, mais nous considérons que les élèves ont droit à l’ensemble des heures de cours qui ont été votées dans les DHG par les CA des établissements du second degré. C’est dans ce cadre que nous regarderons des solutions pratiques et locales et leur adaptation. Pour illustrer ce propos, prenons l’exemple de collèges que certains CDPE ont exposé dans lesquels le remplacement de courte durée est assez facilement pratiqué mais pas obligatoirement dans la matière, il nous faudra aussi veiller à ce que l’enseignement attendu soit réalisé en fin de parcours.

Pour mener cette bataille, il faut continuer l’action collective et la mise sous pression des instances académiques à tous les niveaux. Pour cela, il faut donc continuer à utiliser et populariser ouyapacours et sans cesse faire valoir dans les académies, la nécessité de remplacement dans l’immédiateté. Si nous préférons l’action collective à l’individuelle, il n’en reste pas moins que la menace de poursuite par les parents individuellement, les recours gracieux auprès du Ministre ou directement auprès des tribunaux administratifs, comme l’a fait le CDPE de Seine Saint Denis, peuvent être une véritable arme de dissuasion, et pourquoi pas, si toutefois les avancées énoncées ne restent que vœux pieux, alors généraliser de sorte d’en engorger les tribunaux administratifs. Car en effet, si chaque parent gagne son recours individuellement avec un jugement rendu dans un délai de trois ans en moyenne, il n’en reste pas moins que cette action ne permet pas d’obtenir un remplacement, le juge administratif ne pouvant ordonner la nomination d’un enseignant.

Si nous regardons la décision du tribunal administratif de Versailles du 3 novembre 2003 qui a condamné l’Etat à verser en moyenne à une famille 5.62€ par heure de cours perdue, si on reportait ce montant à une classe de 30 élèves et qu’on le multipliait par environ 2 000 000 d’heures de cours perdues, cela coûterait à l’Etat plus de 330 000 000 €, à savoir nettement plus que les 3 000 ETP de remplaçants supprimés l’an dernier.

C’est un argument que nous devons faire valoir partout, et porter notre revendication du rétablissement immédiat des 3000 postes supprimés pour que la promesse du ministre puisse être tenue.

Bon courage à tous pour la poursuite de ce combat !

Jean-Jacques Hazan,

Président